Mondoculture, le blog des découvertes

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Ces animaux qui sont rentrés dans l'Histoire

 

« L’Histoire est écrite par les vainqueurs », cette célèbre maxime dit deux choses sur les moyens de rentrer dans l’Histoire : il vaut mieux être un vainqueur, mais aussi qu’il faut écrire. Tout cela est bien beau mais, par définition, les animaux ne peuvent pas écrire. Cela veut dire qu’ils ne peuvent pas laisser de traces dans l’Histoire ? Difficile à croire ! Car, si l’Histoire a essentiellement été marquée par les hommes, les animaux y ont également parfois eu une place importante. Voici 10 façons qu’ont eu les animaux de rentrer dans cette histoire.

 

 

1- Participer à l’effort de guerre :

 

S’il y a bien un domaine où les animaux ont été présents, c’est celui de la guerre. Ainsi, au-delà de leur utilisation comme emblèmes guerriers, les animaux ont souvent participé aux combats.

Qui dit animal de guerre dit cavalerie. Historiquement il s’agit du 3e corps d’armée créé (après l’infanterie et les chariots de guerre), utilisé pour la 1ère fois entre 4000 et 3000 av. JC. Si, aujourd’hui, cette cavalerie a plus un rôle de prestige et a perdu son importance stratégique, au profit des engins motorisés, elle a pendant des millénaires été une arme importante et a même fait la gloire de certains peuples comme les Mongols et les Huns. Certains chevaux sont aussi passés à la postérité pour avoir été montés par de célèbres conquérants, c’est le cas de Bucéphale, le cheval d’Alexandre le Grand.

Mais si la définition de la cavalerie renvoie aux chevaux, d’autres animaux ont servis de montures au combat, notamment les chameaux, utilisés dans le désert, par les célèbres mamelouks de Napoléon.

Hormis pour leur rôle de montures, les animaux sont également parfois utilisés comme combattants ou aides aux combats, et nous ne parlons pas ici du cheval de Troie ou des béliers de siège, qui n’ont que le nom d’animal.

Ainsi de simples pigeons ont pu servir d’espions durant la 1ère guerre mondiale, ou de messagers dans de nombreux conflits. Des moutons ont également été utilisés lors du débarquement de 1944, afin de déminer les plages, un ours a transporté les munitions de l'armée polonaise lors de la campagne d’Italie. Toujours en 39-45, on dénombre 10 000 chiens dans l’armée américaine, servant de sentinelles, messagers ou traqueurs de tireurs d’élite. Des phoques ont aussi été utilisés par les Suédois contre les sous-marins allemands.

Mais l’usage le plus impressionnant d’animaux de combats reste celui d’éléphants, surtout employés dans l’Antiquité, par les Indiens, les Perses ou Alexandre le Grand notamment. Leur utilisation la plus spectaculaire est à mettre au crédit d’Hannibal. En – 218, lors de la 2nde guerre punique, le leader carthaginois traverse la Gaule et franchit les Alpes avec 37 éléphants pour attaquer Rome. Pari risqué, car si les pachydermes franchirent bien les Alpes, ils ne permirent pas à Hannibal de prendre Rome et périrent en Italie, de leurs blessures ou de froid.

 

Ces mêmes éléphants ont également été utilisés comme moyen de torture, voire d’exécution (le principe consistait à écraser la tête du condamné avec la patte d'un éléphant), en Inde notamment. Les chevaux ont été employés dans les mêmes buts, citons ici l'exemple de Brunehaut, reine des Francs exécutée en 613, une jambe et un bras attachés à la queue d’un cheval sauvage lancé au galop…

Enfin, citons l'utilisation détournée des animaux dans certaines guerres, ainsi des armées se sont servies de la zoolâtrie de leurs ennemis. La zoolâtrie, c’est-à-dire le culte des animaux, est répandu dans diverses civilisations, les Indiens vouent ainsi un culte aux vaches, tandis qu’à l’Antiquité, le
chat était sacré chez les Égyptiens. Le roi perse en profita, en 525 av. JC, à la bataille de Péluse. Les Perses y utilisent des chats comme boucliers et les catapultent sur le champ de bataille. Les Égyptiens préfèrent alors s’incliner que de risquer de tuer ces animaux sacrés.

 

 

2-Faire avancer la science :

 

Les animaux n’ont pas servi seulement pour les atrocités de la guerre, ils ont également permis de faire avancer le progrès.

La conquête spatiale fut un domaine privilégié pour les essais scientifiques faisant appel aux animaux, notamment à cause de la rivalité et de la course à l’exploit que se livraient l’URSS et les USA. Le 20 février 1947, les 1ers animaux à, officiellement, atteindre l’espace sont des mouches, envoyées par les Américains à 108 km d’altitude (la limite de l’espace étant fixée à 100 km d’altitude). Dans les années qui suivent, d’autres animaux (rongeurs, singes, chiens…) seront envoyés tour à tour dans l’espace par les Américains et les Soviétiques.

Mais le 1er animal à être placé en orbite, et à passer à la postérité, est Laïka, chienne soviétique, expédiée autour de la terre, le 03 novembre 1957. Cette chienne était condamnée d’avance, les Soviétiques souhaitant l’expédier le plus rapidement possible, avant les Américains, n’avaient même pas prévus de programme retour ! Laïka, la pionnière, mourra donc en orbite, de stress, chaleur et déshydratation. Il faudra attendre le 19 août 1960 pour qu’un nouveau programme soviétique permette de ramener vivants plusieurs animaux mis en orbite autour de la terre : des mouches, des rats, des souris, un lapin et, surtout, deux chiens, Belka et Strelka. Ce succès, et la conquête spatiale initiée par les animaux, permirent à Youri Gagarine d’être le 1er homme à voyager dans l’espace, le 12 avril 1961.

Outre Laïka, le 2nd animal « scientifique » célèbre est la brebis Dolly, 1er mammifère cloné, le 05 juillet 1996, en Écosse. Le 1er clonage animal était celui d’une carpe, par le chinois Tong Dizhou, en 1963. Depuis Dolly, toutes sortes d’animaux ont été clonés : des souris, des vaches, des lapins, des chiens et même un dromadaire. Des étapes vers un futur clonage humain ?

Si les animaux ont parfois aidé la science à progresser, d’autres ont été de véritables mystères pour cette même science. Déjà, à la fin du XIXème siècle, le cheval allemand Hans le malin avait défrayé la chronique, lui qui était de capable de compter et de faire des calculs en donner des coups de sabots. Mais, finalement, après plusieurs études, il fut prouvé que Hans ne savait pas compter mais qu'il détectait d'infimes signes dans l'attitude de son
interlocuteur qui lui permettaient de trouver la bonne réponse, quand cet interrogateur ne connaissait pas la réponse ou n’était pas dans son champ de visio
n, le cheval se trompait souvent.

Plus près de nous, « Paul le poulpe » est un véritable casse-tête pour les scientifiques. Ce poulpe vivant dans l’aquarium d’Oberhausen (Allemagne), est devenu célèbre pour ses prédictions footballistiques à l’Euro 2008 et à la coupe du monde 2010. Avant les matchs de l'Allemagne, et pour la finale de la coupe du monde, on lui
présentait 2 boites contenant une moule décoquillée chacune. Chaque boite comportait le drapeau d’une des 2 équipes, Paul choisissait la boite du vainqueur en allant y manger la moule. Sur ses 14 prédictions, 12 s’avérèrent correctes, dont les 8 émises durant la coupe du monde ! Résultat impressionnant quand on sait que la probabilité de trouver ces 8 bons résultats en 2010, était de 0,39 %! Alors réel don de voyance ou gros coup de chance ? Difficile de dire, d’autant que le 26 octobre 2010, Paul est mort à l'âge de 2 ans et 9 mois.

 

3-Faire rêver les enfants :

 

Les animaux ont aussi le pouvoir de faire rêver, et la catégorie rêvant le plus est celle des enfants. Ainsi les animaux apparaissent dans une multitude de supports. Dans la littérature par exemple, avec les célèbres Fables de la Fontaine (au nombre de 243 écrites entre 1668 et 1694), « Croc-blanc » de Jack London ou « Moby-Dick » d'Herman Melville. Le XXème siècle voit l’avènement de la TV et du cinéma, entraînant l’apparition de divers héros pour enfants, avec la saga des Walt Disney, Babar, Marsipulami, la panthère rose, Beethoven, Lassie, Flipper…

D’autres animaux sont également rentrés dans le folklore de l’enfance, comme, par exemple, la petite souris et le lapin de Pâques. La première a, semble-t-il, pour origine un conte du XVIIème siècle de Madame d'Aulnoy, « la bonne petite souris », remis au goût du jour par un conte plus récent, écrit en 1949, par Lee Rogow « The tooth Fairy » (« La fée des dents »). Quant au lapin de Pâques son origine viendrait d’Allemagne, de Saxe plus particulièrement, d’où il se serait par la suite diffusé, au point d’aujourd’hui supplanter les traditionnelles cloches de Pâques, croyance originelle en France.

Autre aspect où l’animal fait rêver les enfants, les peluches, et plus particulièrement le fameux ours en peluche ou « Teddy Bear ». Les origines de ce roi des peluches restent floues, deux théories s’opposant. Certains affirment que celui-ci aurait été inventé en 1902, en Allemagne, par une fabricante de jouets, Margarete Steiff, sur le modèle d’un ours du zoo de Stuttgart. D’autres pensent que le Teddy Bear est bien né en 1902, mais aux États-Unis, plus précisément à New York, où il fut créé par Morris Michtom, le nom de Teddy bear (l’ours Teddy) lui étant donné en hommage à Théodore Roosevelt, président des États-Unis surnommé Teddy. Pourquoi prendre ce surnom ? Parce qu’en cette même année 1902, Roosevelt rentrant bredouille d’une partie de chasse s’était vu proposer un ours attaché à un arbre, qui devait lui servir de proie facile. Mais le président refusa ce
trophée aisé, s’attirant la sympathie de la population et inspirant Michtom. Quelle que soit la véritable origine de l’ours en peluche, il parvint par la suite à combler des millions de bambins, comme le fit également Sophie la girafe, autre must de plusieurs générations d’enfants.

Enfin on ne peut parler du lien enfants/animaux sans évoquer le cirque. Sous sa forme moderne, la 1ère représentation de cirque date de 1768, à Londres. Depuis le cirque s’est démocratisé et le domptage d'animaux sauvages (lion, tigre, ours, panthère, dromadaires,…) y occupe une place centrale.

 

4-Être une créature mythologique ou mythique :

 

Parfois, comme les animaux pour enfants, pour rentrer dans l’Histoire, il ne faut pas forcément exister. Ainsi toute sorte d’animaux, ou du moins de créatures, légendaires peuplent l’Histoire du monde. Beaucoup de ces créatures sont issues de textes religieux ou mythologiques.

Ainsi la mythologie grecque emprunte beaucoup à la faune : Zeus se transforme régulièrement en animal pour tromper les hommes ou les autres dieux, et de nombreux animaux prêtent leurs traits à des créatures célèbres : Cerbère, le gardien des enfers, est ainsi un chien à 3 têtes avec une crinière de serpent ; le Minotaure, enfermé dans le labyrinthe de Dédale, possède une tête de taureau, tandis que Pégase est le cheval ailé de Zeus.

Dans cette catégorie, on ne peut omettre le mythe de Remus et Romulus, les fondateurs de Rome, élevés par une louve, elle aussi passée à la postérité comme emblème de la ville éternelle.

Au-delà de ces croyances religieuses, plusieurs animaux légendaires peuplent notre histoire. Arrêtons-nous ici sur 2 d’entre eux : le Kraken et le monstre du Loch Ness.


La légende du Kraken vient de Scandinavie (Krak signifie créature). Des récits norvégiens évoquent, dès le XIIème siècle, l’existence d’un gigantesque monstre marin qui s’attaquerait aux navires, les enserrant de ses bras immenses pour les entraîner vers le fond des océans. Au début décrit sous différentes formes, ce Kraken est, petit à petit, représenté comme une sorte de pieuvre géante, même très géante puisque les descriptions vont jusqu’à parler d’une créature d’un diamètre de 1km ! La croyance est si vivace qu’en 1876, le très sérieux « Times » new-yorkais annonce qu’une goélette, le « Pearl », aurait été coulée par un Kraken, un calmar géant. Problème : cette goélette n’a jamais existé ! Mais ce canular aura eu pour effet d’inspirer « Pirates des caraïbes » et de mener à la piste de la vérité sur le Kraken. Celui-ci serait en fait une exagération des calmars géants parfois, mais rarement rencontrés en mer, et qui peuvent mesurer jusqu’à près de 20 mètres.


Le monstre du Loch Ness, de son petit nom Nessie, a fait la célébrité de ce lac d’eau douce des Highlands (Écosse). Le phénomène a débuté à partir de 1933, lorsque de nombreux témoignages évoquent la présence d’une énorme bête dans les eaux troubles du Loch. La description de cette créature varie selon ces témoignages, mais la majorité s’accorde à décrire un grand reptile marin doté d’un long cou et de nageoires. Rapidement le Loch Ness va devenir une des principales attractions du Royaume-Uni, attirant des milliers de curieux. De nombreux clichés de Nessie seront pris, sans qu’aucune puisse attester de son existence. Aujourd’hui une thèse tient la corde chez les scientifiques : Nessie serait en fait un éléphant ! En effet lors de la recrudescence des témoignages sur le monstre, en 1933, de nombreux cirques se rendant dans le Nord de l’Écosse, faisaient halte sur les bords du Loch Ness, pour faire reposer les animaux. Les éléphants sachant nager, ils étaient autorisés à aller dans l’eau, où seules la trompe, le haut de la tête et leurs dos étaient alors visibles, donnant une impression d’animal avec un long cou et 2 bosses. Alors comment expliquer les nombreux témoignages postérieurs au passage de ces cirques ? Un début de réponse a sans doute était donné dans les années 1990, quand un riverain du lac avoua dans son testament avoir sculpté un monstre en bois, qu’il s’amusait à sortir pour entretenir la légende, on retrouva effectivement un modèle du Loch Ness dans son hangar.

Au-delà de ces 2 exemples on pourrait évoquer une multitude d’autres animaux légendaires (la licorne, le dahu, le yéti, ou encore le léviathan…) qui font les beaux jours de la cryptozoologie, c’est-à-dire la recherche d’animaux dont l’existence ne peut être prouvée de manière irréfutable.

 

 

5-Conduire (indirectement) à une guerre:

 

Parfois un animal peut changer à lui seul le cours de l’Histoire. Ainsi il semblerait qu’un cochon errant ait, indirectement, déclenché la guerre de cent ans !

Pour comprendre cette drôle d’histoire, il faut remonter au XIIème siècle, en 1131, plus exactement. À cette date le roi de France est Louis VI, dit « le gros ». Depuis 1129 il a désigné son fils aîné, le prince Philippe de France, comme successeur officiel. Le jeune Philippe a 15 ans lorsqu’il se déplace à cheval dans les rues parisiennes ce 13 octobre 1131. A l’époque les grandes villes grouillent de cochons, qui font office d’éboueurs, en engloutissant les déchets s’entassant dans les rues. En cette journée d’automne, un de ces cochons errants va se jeter sous les pattes de la monture du prince, celle-ci prend peur, se
cabre et fait chuter l’héritier du trône. Tombé la tête la première, Philippe succombe à ses blessures quelques instants plus tard. Cette chute mortelle va avoir des conséquences bien plus fâcheuses que la décision qui est prise, par un édit royal, d’interdire la libre circulation des cochons en ville.

En effet, Philippe mort, c’est son frère cadet, Louis qui est appelé à régner à la mort de Louis « Le gros », en 1137. Mais le nouveau Louis VII n’a pas le caractère ouvert de son défunt frère. Le jeune monarque, 17 ans à son avènement, s’était destiné à entrer dans les ordres et non à régner, l’accident de son aîné change son destin. Le mariage politique qui lui fut imposé avec l’exubérante Aliénor d’Aquitaine, héritière la plus prisée de l’époque, permet l’intégration de l’immense duché d’Aquitaine au royaume de France, mais ne convient pas du tout au caractère austère de Louis.

Finalement Louis VII répudie Aliénor en 1152, excédé par son comportement et soupçonneux de ses infidélités. Cette décision du roi de France, va être une aubaine pour Henri Plantagenêt qui épouse à son tour Aliénor d’Aquitaine, 8 semaines seulement après sa répudiation. Problème pour la France : 2 ans plus tard Henri Plantagenêt devient Henri II, roi d’Angleterre, Aliénor devenant ainsi reine d’Angleterre après avoir été reine de France ! Ce revirement fait passer le puissant duché d’Aquitaine sous l’autorité anglaise, elle qui possède déjà l’Anjou, le Maine et la Normandie (et possédera bientôt la Bretagne). Cette situation entraînera, quelques décennies plus tard, la guerre de 100 ans, la Guyenne, nouveau nom d’une partie de l’Aquitaine étant au cœur des sources du conflit.

Ou comment un cochon, en tuant un héritier du trône a, par effet domino, contribué à la plus importante guerre médiévale de notre pays.

                                      

A gauche:  Aliénor d'Aquitaine, reine de France puis d'Angleterre;

à droite: carte montrant la puissance des Plantagenêt

 

 

6-Être un fléau pour l’Homme:

 

Parfois les animaux constituent un véritable fléau pour les humains, tuant des individus ou provoquant des catastrophes écologiques.

Au-delà du suicide par une morsure de serpent de la célèbre Cléopâtre VII, évoquons ici le drame survenu en 1920, en Grèce. Le 02 octobre de cette année-là, le roi de Grèce, Alexandre Ier, est mordu par un singe domestique alors qu’il tente d’aider son chien attaqué par un autre singe. Les morsures, mal soignées, évoluent en une septicémie qui fatale au monarque, il meurt le 25 octobre 1920, à seulement 27 ans.

D’autres animaux seront aussi plus célèbres que leurs victimes, c’est le cas de la "Bête du Gévaudan". Celle-ci aurait pu avoir sa place
dans la rubrique sur les animaux mythiques, mais il semble vraisemblable qu’il s’agissait finalement d’un (ou plusieurs) grand loup, qui tua entre 88 et 124 personnes entre 1764 et 1767, dans la province du Gévaudan (grosso modo la Lozère et une partie de la Haute-Loire actuelles).

Autre animal meurtrier Mocha Dick, nom donné à un cachalot mâle blanc qui vivait dans le Sud de l’océan Pacifique, au début du XIXe siècle. Apparu pour la 1ère fois non loin de l’île Mocha (au large du Chili) en 1810, il aurait survécu à une centaine d’attaques de baleiniers, coulant une vingtaine de navires et tuant une trentaine de marins, jusqu’à sa mort harponné, en 1859. Mocha Dick a sans doute influencé Herman Melville pour l’écriture de « Moby Dick », paru en 1851.

Enfin, évoquons un animal qui s’il ne tue pas directement d’humains, détruit l’écosystème d’un pays entier : le lapin de Garennes ! En effet ce petit animal est devenu un véritable fléau en Australie. Son arrivée est due à l’ennui d’un Britannique amateur de chasse qui en importe 12 couples en 1859. Problème, lors d’un incendie, certains lapins s’échappent de leurs enclos et s’en vont coloniser le pays. Comme les lapins n’ont pas de prédateurs naturels, comme en Europe, ils prolifèrent rapidement sur le sol australien, si bien que 50 ans plus tard on en dénombre environ 600 millions répartis sur 60 % du pays ! Cette multiplication n’est pas sans causer des dégâts, 10 lapins mangent autant d’herbe qu’un mouton, si bien que l’animal accélère la désertification de l’Australie et met à mal l’économie du pays, en détruisant les récoltes.

L’État australien tente de réagir à partir de 1901, en construisant successivement 3 clôtures pour empêcher l’arrivée des lapins dans les terres cultivées de l’Australie Occidentale. Las, malgré les 3 000 km de clôture, les lapins s’infiltrent. L’introduction de renards est aussi un échec : plutôt que de s’attaquer aux lapins, ils préfèrent attaquer les marsupiaux… Dans les années 1950, le virus de la myxomatose est introduit, au début c’est un succès (80 % de population lapine en moins), mais l'animal va rapidement s’adapter à ce virus et ne plus en mourir. D’autres virus et contraceptifs seront testés par la suite, sans réussir à éradiquer le fléau. Aujourd’hui la population de lapins australiens est estimée à 200 millions, coûtant chaque année 130 millions d’euros à l’agriculture et l’horticulture du pays.

 

7-Avoir un rôle politique :

 

Certains animaux peuvent aussi participer à la vie politique et y tenir une place notable. Ainsi une histoire populaire scandinave évoque l’existence d’un chien qui devint roi dans la vallée d'Opland (au centre de l’actuelle Norvège). Les faits se seraient déroulés au début du XIème siècle, Eystein, ancien roi déchu de la vallée, reprit son ancien territoire après une lutte sanglante. Pour se venger de leur rébellion, Eystein offrit comme choix aux vaincus de choisir leur roi entre un esclave et un chien. Les habitants de la vallée d'Opland choisirent alors le chien, un dogue nommé « Saur ». Saur gouverna ainsi la région durant 3 années, il possédait tous les attributs d’un roi : une hiérarchie qui l’aidait à gouverner, une garde royale et des valets. Pour asseoir sa légitimité on fit croire que l’âme d’un grand seigneur du passé habitait le corps du roi Saur. Le chien-roi mourra en héros, en tentant de sauver un mouton attaqué par un loup, ce dernier l’égorgeant et mettant fin à son règne cocasse. Légende ou histoire vraie ? Difficile de trancher.

De façon plus irréfutable, les animaux ont également un rôle dans la politique anglaise. Ainsi au 10th downing street à Londres, la résidence officielle des 1ers ministres anglais, vit le très sérieux « Chief mouser to the cabinet office », le souricier en chef du cabinet. Ce rôle, créé pour lutter contre les constantes invasions de souris de la demeure, est occupé par un chat, embauché pour l’occasion et possédant un budget annuel de 100 livres dédié à l’entretien de son efficacité. Les chats du 10 th Downing street ont ce rôle officiel depuis les années 1920 (voire même bien avant selon certaines sources) et sont employés comme domestiques, ce qui signifie qu’ils n’appartiennent pas au 1er ministre en place et conserve leur poste, même en cas de nouveaux résidents au 10th Downing street. Actuellement le titulaire du poste est Larry, arrivé en 2011, mais dont le rendement est critiqué, il n’a attrapé qu’une seule souris en 3 ans et a été filmé en 2 occasions, dormant à côté de souris batifolant.

 

8-Être victime de l’Homme :

 

Parfois les animaux subissent l’Histoire de l’humanité et en deviennent les victimes.

Ainsi peut-on évoquer le sinistre sort des animaux parisiens lors du siège de Paris par les Prussiens. Ces derniers, arrivés aux portes de la capitale en septembre 1870 décident d’affamer la ville pour obtenir sa reddition, commence alors un long blocus de Paris. Rapidement la nourriture vient à manquer dans la cité assiégée, si bien que les bouchers commencent à tuer et vendre des chevaux, des chiens, des chats et même des rats. Jusque-là rien d’exceptionnel, de nombreux sièges dans le passé ayant débouchés sur ce genre de pratiques, mais face aux pénuries, les Parisiens durent se résoudre à manger les animaux du zoo. Ainsi un chef réputé proposa bientôt de la « terrine d’antilopes aux truffes », du « civet de kangourou » ou encore du « chameau rôti à l’anglaise ». Le summum de ces sacrifices fut atteint les 29 et 30 décembre 1870 lorsque Castor et Pollux, les 2 éléphants d’Asie de la ménagerie des plantes, furent abattus pour leur viande. Sacrifice inutile, car la viande d’éléphant ne rencontra pas un grand succès auprès des clients et que, le 27 janvier 1871, la ville dut signer l’armistice.

Les animaux subirent aussi, parfois, les décisions incongrues de l’homme. Ainsi, dans « Curiosités judiciaires, historiques, anecdotiques », Barnabé Warée reprend,plusieurs jugements loufoques et cruels du Moyen Âge, où des animaux furent jugés comme des humains, avec procès et sanctions similaires. Parmi les nombreux exemples repris dans l’ouvrage, citons les cas d’un taureau pendu dans le comté de Valois, en 1314, pour avoir embroché un homme, de ces sangsues excommuniées, en 1451, par l’évêque de Lausanne, pour avoir tué des poissons, ou encore de ce coq condamné à Bâle, en 1474, à être brûlé pour avoir pondu un œuf…

Pratiques d’un autre temps me direz-vous ? Pas tout à fait, car au début du XXème siècle, plusieurs éléphants ont subi les foudres des hommes. Ainsi 2 éléphantes, Topsy et Big Mary, furent toutes deux exécutées, aux États-Unis, pour avoir écrasé des hommes, la 1ère par électrocution en 1901, la 2nde par pendaison à une grue en 1916.

 

 

9-Servir de présents :

 

Les animaux, au cours de l’Histoire, ont aussi servi de cadeaux. Non, non, nous ne parlons pas ici du petit chat, ou chien, reçu par le petit dernier en cadeau à Noël, non ici nous parlons d’animaux exotiques offerts en présents par des souverains à d’autres souverains.

Ainsi Charlemagne reçut en cadeau du calife de Bagdad, un éléphant d’Asie blanc, phénomène très rare, qui était perçu comme un signe de son caractère divin. L’éléphant blanc fut ramené de Bagdad à Aix-La Chapelle (capitale de Charlemagne), où il arriva en 802, après plusieurs années de voyage. Cet éléphant, appelé Abul-Abbas, deviendra un objet de fierté pour l’empereur d’Occident, qui n’hésitera pas à exhiber son animal exotique. Mais le pachyderme ne s’adaptera jamais au climat européen et mourra d’une pneumonie, en 810.

 D’autres éléphants vont par la suite servir de présents entre les souverains : Frédéric II, empereur du Saint Empire germanique au XIIIe s., en reçut un d’un sultan égyptien, tandis que Manuel Ier, roi du Portugal en offrit un au pape Léon X, en 1514. Ce cadeau d’un éléphant blanc, nommé Hanno, vient remercier le pape pour son implication dans la signature du traité de Tordesillas en 1494.

Dans le même ordre d’idée évoquons ici Zarafa, la 1ère girafe à pénétrer en France. L’animal fut offert par le pacha d’Égypte au roi de France Charles X, en 1828, pour resserrer les liens politiques entre les deux pays. Venue du Soudan, la girafe embarque en 1826 pour Marseille, accompagnée de 3 vaches qui lui fournissent ses 20 L de lait quotidiens. Arrivée dans la cité phocéenne, l'animal est mis en quarantaine puis passe l’hiver dans la propriété du préfet, pour éviter les frimas du Nord de la France. En mai 1827, Zarafa (« girafe » en arabe) part, avec une escorte de gendarmes, effectuer à pied les 880 km qui la sépare de Paris. Pour l’occasion la girafe est revêtue d’un immense vêtement de toile sur mesure et imperméable, confectionné par un tailleur et d’un capuchon, la protégeant des intempéries.

Arrivé à Paris, l’animal force l’admiration du souverain et attire 600 000 visiteurs en un an, lors de son exposition au jardin du roi, son aura est tellement grande que de nombreux objets prennent son nom (de la coupe de cheveux à « la girafe » pour les femmes, aux faïences et autres peintures). La girafomania ne durera qu’un temps, Charles X étant renversé en 1830. Zarafa coulera, malgré tout, des jours heureux en France, où elle meurt en 1845.

 

10-Sauver des Hommes :

 

Les animaux ont également souvent aidé les hommes, que ce soit volontairement ou non.

Il y a bien sûr les célèbres oies du capitole de Rome. L’Histoire remonte à -390 av. J.-C., un temps où Rome n’est pas encore la puissante civilisation qui dominera une grande partie de l’Europe. À cette époque, les rôles sont inversés puisque ce sont des Gaulois, menés par Brennus, qui attaquent la ville éternelle. Après avoir écrasé l’armée romaine à Allia, les Gaulois pénètrent dans une Rome désertée. La ville est prise ? Non pas tout à fait, car une des 7 collines, peuplée d’irréductibles romains résiste encore et toujours à l’envahisseur : le capitole, à la fois forteresse, centre politique et centre religieux. Brennus place alors ses troupes autour et entame un siège qui durera 7 mois, les gaulois ne parvenant pas à prendre la place forte. Pourtant une nuit ils pensent surprendre les assiégés en les attaquant dans l’obscurité. C’est à ce moment-là qu’entrent en scène les oies sacrées de Junon, placées à côté du temple de la reine du ciel. Apeurées par l’arrivée des guerriers gaulois, elles se mettent à hurler, réveillant les romains qui parviennent, grâce à elles, à repousser ce raid nocturne. Finalement Brennus se retirera, contre une rançon, sans avoir réussi à conquérir Rome en totalité, en grande partie à cause des oies qui donnèrent l’alerte.

Autre animal ayant sauvé un peuple : la chèvre. Au début du XVe siècle, un seigneur albanais, du nom de Gjergj Kastriot Skanderbeg, s’était révolté contre l’occupant ottoman et l’avait repoussé du pays. Durant 25 ans Skanderbeg va devoir refouler les multiples attaques du sultan ottoman, Murad II, qui tente de reconquérir son bien. Lors d’une de ses attaques, Skanderbeg a l’ingénieuse idée de fixer des bougies sur les cornes des milliers de chèvres de la région. Lorsque les troupes ottomanes, arrivées de nuit, voient le nombre incalculable de torches, elles prennent peur, croyant devoir affronter une formidable armée, le sultan fait alors demi-tour, les chèvres ont permis de sauver le pays !

Enfin citons Balto, Husky symbole de la « course au sérum de 1925 ». Début 1925, le village de Nome (Alaska) est touché par une épidémie de diphtérie. En pénurie de sérum, il doit lancer un appel radio pour en obtenir et éviter la propagation de l’épidémie. La ville d’Anchorage répond favorablement à la demande. Problème : elle est située à 1 600 km de Nome ! Le blizzard hivernal empêchant la transmission par bateau ou par avion, la seule possibilité est le chemin de fer. Mais là encore un souci se pose, le chemin de fer se termine à Nenana, à 1085 km de Nome ! La seule solution est alors de parcourir cette distance avec des chiens de traîneau. Le trajet pour un seul attelage étant jugé trop long (25 jours), il est décidé de mettre en place un relais d’une vingtaine de mushers et 150 huskys, chaque musher effectuant une petite partie du parcours, à pleine vitesse. Ce stratagème permettra de parcourir la distance en 5 jours et demi seulement. C’est ainsi que, le 02 février 1925, l’attelage du musher Gunnar Jaasen fit les 2 derniers relais, les plus durs, pour arriver à Nome. Balto, le chien de tête passera à la postérité : une statue à central park et un film lui sont ainsi dédiés pour le remercier d’avoir sauvé le village.



14/02/2014
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