Mondoculture, le blog des découvertes

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Le top 15 des équipes surprises

Dans le sport il n’y a pas que des Usain Bolt, des Michael Phelps, des Sébastien Loeb ou des équipes d’Espagne de football, c’est-à-dire des sportifs, ou des équipes, remportant (presque) tout, tout le temps. Non, au-delà de ces champions hors normes, le sport a aussi une part d’imprévu, c’est ce qui fait sa beauté et qu’il passionne autant les foules. Parfois cet imprévu va jusqu’à couronner des sportifs que l’on attendait pas à ce niveau, ou à ce moment là.

Dans la même veine que l’article sur « un petit tour et puis s’en va », nous avons sélectionné des équipes qui ont déjoué tous les pronostics. Toutefois, pour ce classement, nous avons sélectionné non pas 10 mais 15 équipes surprises, pour plus de plaisir. Bien sûr ce classement prêtera à polémique, certains en rajouteraient des dizaines d’autres, ou en enlèveraient quelques-unes! Alors n’hésitez pas à composer votre propre top 15 dans la rubrique commentaires !

 

15- « Le pays fantôme »:

 

Parfois pour créer la surprise, il faut avancer masqué, quoi de mieux pour surprendre l’adversaire que de représenter un pays n’existant pas !

Pour expliquer ce curieux stratagème, il faut revenir plus d’un siècle en arrière. Les Jeux Olympiques 1908 doivent initialement avoir lieu à Rome. Mais l’éruption du Vésuve, en 1906, pousse le gouvernement italien à abandonner l’organisation des 4èmes Jeux Olympiques modernes.

C’est finalement Londres qui hérite de l'organisation de ces olympiades 1908. Toutefois, le délai extrêmement court pour organiser ces jeux complique la tâche des Anglais. Ainsi le tournoi de rugby devient rapidement un véritable casse-tête : l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande déclinent l’invitation, jugeant le voyage trop long et trop coûteux, le pays de Galles, l’Irlande et l’Écosse boycottent leurs frères ennemis anglais, tandis que la France prétexte ne pas avoir de quoi monter une équipe compétitive .

Heureusement, l’équipe d’Australie est en tournée en Europe depuis un mois, et accepte de concourir. Pour paraître plus « internationale », elle est renforcée de quelques rugbymen océaniens immigrés en Europe (la plupart néo-zélandais) et nommée Australasie (appellation qui sera d’ailleurs donnée à plusieurs équipes ou sportifs australiens et/ou néo-zélandais aux JO 1908 et 1912).

Finalement, l'Australasie devient, le 26 octobre 1908, championne olympique de rugby, en remportant le seul match du tournoi (32 à 3), l’opposant à l’équipe d’Angleterre, qui est en fait l’équipe du comté de Cornouailles, récente championne des comtés.

 

14- Ceux qui doivent tout, ou presque, à un homme:

 

Lorsque l'on évoque le football anglais, les premiers clubs venant à l’esprit sont Manchester United, Liverpool, Arsenal ou Chelsea, voire Nottingham Forest pour les plus anciens.

Par contre, peu de personnes citeraient instantanément Ipswich Town, club de l’Est du pays, qui végète aujourd’hui en 2ème division. Et pourtant ce club a réussi l’exploit d’inscrire son nom au palmarès d’une coupe d’Europe, en remportant la coupe de l'UEFA 1981.

Ce succès, Ipswich le doit beaucoup à un homme, Robert Wiliam « Bobby » Robson, son entraîneur de 1969 à 1982. À son arrivée, le club n’a pour seul palmarès qu’un titre de champion d’Angleterre 1962, c'est peu en 91 ans d'existence. Durant ses 13 saisons à la tête de l’équipe, Robson va façonner son équipe, qui va se mettre à squatter le haut de tableau du championnat. Le club étoffe également son palmarès en remportant la cup, en 1978. Mais si sur la scène domestique Ipswich fait peur, ce n'est pas encore le cas en Europe, où, hormis une épopée en quarts de finale de la C3 73-74, Ipswich se fait systématiquement éliminés lors des premiers tours.

A l’aune de la campagne 1980-1981, Ipswich ne part donc pas favori de la coupe UEFA, mais les Anglais passent facilement les 2 premiers tours, face à l'Aris Salonique et aux Bohemians. Les 8èmes de finale s’annoncent plus ardus, leur adversaire, le Widlez Lodz de Boniek, vient de sortir la Juventus Turin et Manchester United, excusez du peu. Mais face à l'épouvantail polonais les hommes de Robson ne font pas de détail en s’imposant 5-0 à domicile, avant de tenir le coup (défaite 1-0) au retour.

En quarts de finale, l'obstacle est encore plus haut puisque leur adversaire est l'AS Saint-Étienne qui, menée par Michel Platini, vient d’écraser les favoris de Hambourg, avec un cinglant 5-0 en Allemagne. Mais la bande à Robson va de nouveau frapper, s'imposant, à la stupeur générale, 4 à 1 à Geoffroy Guichard, puis en confirmant chez eux par une nouvelle victoire dans leur stade Portman, 3 à 1. En demi-finale, l’aventure continue avec une double victoire 1 à 0 face à Cologne, pourtant demi-finaliste de la coupe des Champions 2 ans auparavant. Finalement les ouailles de Robson se retrouvent en finale face à l'AZ Alkmaar, récent champion des Pays-Bas. Ipswich reste intraitable au stade Portman, où elle l’emporte 3-0, avant de résister au retour (défaite 4-2), devenant ainsi champion d’Europe 1981.

Ce titre sera l’apogée du club, l'année suivante Ipswich Town est éliminé dès le 1er tour de coupe de l'UEFA par Aberdeen, et en 1986 le club chute en 2ème division. Entre temps son mentor Robson a quitté le club, un an après le sacre européen, pour prendre en main la destinée de l’équipe d’Angleterre. Par la suite il entraînera des clubs du standing du PSV Eindhoven, du FC Porto ou du FC Barcelone. Pourtant il gardera une grande tendresse pour le club dont il est un héros, ce qui lui fera dire : « Cette équipe d'Ipswich 1980-1981 a été la meilleure de toutes les équipes que j'ai dirigées dans ma carrière, quand j'ai quitté le club, je savais que je laissais une équipe d’une qualité qui ne se verrait peut-être jamais plus. »

 L'épopée d'Ipswich Town, au centre Robson portant fièerement la coupe UEFA 81


13- Les éphémères :

 

Le club de handball du SC DHfK Leipzig est un peu comme les chats, il a eu plusieurs vies. D’abord fondé en 1954, il accède rapidement à la division 1 allemande, en 1957, mais est dissout en 1975. Clap de fin pour le club sextuple champion d’Allemagne de l'Est ? Que nenni ! Le club renaît de ses cendres en 1993...pour disparaître de nouveau 2 ans plus tard. Mais le SC DHfK Leipzig est coriace puisqu’il réapparaît une 3ème fois en 2007, redémarrant au plus faible échelon régional.

Au-delà de cette histoire mouvementée, le club doit sa postérité à la surprise qu’il crée en 1966, en remportant la coupe des champions de handball. Jusque-là les Allemands n'avaient participé que 2 fois à la plus prestigieuse des coupes d’Europe. Les deux fois ils étaient tombés face au grand Dukla Prague, club tchécoslovaque ayant remporté 2 des 6 premières éditions de la coupe des Champions.

Pour l’édition 1965/1966, Leipzig écarte facilement les modestes luxembourgeois de Dudelange au 1er tour (65 à 32 sur les 2 matchs), tandis qu'en quarts de finale ils dominent le GRK Zagreb (35-29 au cumul des 2 manches). Mais en demi-finale se dresse face à eux leur bête noire, le Dukla Prague, qui est en passe de glaner son 9ème titre de champion national consécutif et vient d’éliminer l’autre grand favori de la compétition, le club ouest-allemand de Frish Auf Goppingen ( 2 titres et 1 finale en 3 participations). Mais Leipzig déjoue tous les pronostics en remportant les deux manches (20-15 et 23-16), privant ainsi les Tchécoslovaques d'une finale qu’ils atteindront lors des deux éditions suivantes. Lors de la finale Leipzig parachève son œuvre, en battant les Hongrois du Hondev Budapest, sur le score de 16 à 14. Peu de temps après ce titre, le club disparaît de la scène européenne puis allemande.

 

12- C’est l’Amérique :

 

 

Lorsque l’on parle de base-ball, on pense tout de suite aux États-Unis, où ce sport est roi. Pour donner une idée de l'engouement américain pour ce sport, il suffit de jeter un œil aux affluences moyennes de la MLB (Major League Base-ball, le principal championnat des États-Unis) : 30 352 spectateurs par match, ce qui en fait la 7ème ligue sportive mondiale la plus suivie. Cette moyenne est d’autant plus impressionnante qu’une saison régulière de MLB oppose 30 équipes, et compte un total de 2430 matchs, sans compter les matchs de play-off!

Forcément, le nombre élevé de match a tendance à avantager les grandes équipes et à limiter les surprises. Mais en 2001, les Arizona Diamondbacks vont créer l'exploit en remportant la finale du championnat, devenant ainsi champions MLB 2001.

Pourtant la franchise, basée à Phoenix dans l'Arizona, a été créée seulement en 1998. En 2001,elle atteint, pour la 1ère fois de sa courte histoire, la finale nationale des World series. Son inexpérience ne lui vaut pas la faveur des pronostics, d’autant que face à elle se présente les archi-favoris New York Yankees, club le plus titré de l’histoire de la MLB, qui s’apprête à disputer sa 38ème finale (pour 26 titres et 11 défaites) et a remporté les 3 derniers titres nationaux. Pourtant les Diamondbacks vont être impériaux à domicile, en y remportant leurs 4 matchs, ce qui leur permet d’être sacrés champions 4 manches à 3.

Depuis, les Arizona Diamondbacks sont clairement rentrés dans le rang, puiqu'en 11 saisons ils n’ont accédé que 3 fois aux play-offs, ne franchissant qu’une fois le 1er tour de ceux-ci. Pis, sur les 10 dernières saisons, la franchise ne se classe que 24ème sur 30 au bilan global.

 

11- Les loups mangent du lion :

 

La Bundesliga, le championnat de football allemand va bientôt attirer encore plus les regards : à la fin de la saison, le très médiatique Pep Guardiola va prendre en main la destinée du grand Bayern de Munich, le rekordmeister (''club le plus titré''). Club le plus titré, en effet : depuis 1963/1964, et la mise en place de la formule actuelle du championnat, le club bavarois a remporté 21 titres de champions, aucun autre club n’en a remporté plus de 5 sur la même période.

Autant dire qu’à l’orée du championnat 2008-2009, le Bayern Munich, tenant du titre et vainqueur de 7 des 10 derniers championnats, fait figure d'épouvantail. Outre l'ogre bavarois, les candidats à la victoire finale sont le Werder Brême (sur le podium depuis 5 ans), le VFB Stuttgart (champion 2 ans auparavant) ou Schalke 04 (3 podiums en 4 saisons).

Quant au VFL Wolsburg, il part un peu dans l'inconnu., Les loups comme on les surnomme, ont changé de dimension durant l'été 2007, avec l'arrivée de Felix Magath au poste d'entraineur. Après 2 exercices terminés à la 15ème place, Wolsburg va être transformé par l'arrivée de ce nouveau coach, puisque le club termine la saison 2007-2008 à une superbe 5ème place, meilleur classement de son histoire. Dans la foulée, le club de Volkswagen dépense près de 30 millions d'euros sur le marché des transferts, notamment pour s'attacher les services des deux champions du monde italiens Barzagli et Zaccardo. Fort de ce recrutement Wolsburg espère décrocher une nouvelle qualification européenne.

Au terme de la phase aller, le challenge semble compliqué, puisqu’au soir de la 17ème journée les loups ne sont que 9èmes. Mais c’est à ce moment-là que la machine de guerre va se mettre en marche, Wolsburg remporte 10 matchs d’affilée entre les 19ème et 28ème journées, passant du même coup en tête du championnat, place qu’ils ne céderont plus pour finalement être sacrés champions d’Allemagne 2009. Lors de cette série ils écrasent notamment à domicile le Bayern, lors de la 26ème journée, sur le score de 5 buts à 1! Les bavarois ne seront pas les seuls à repartir bredouilles du Volkswagen Arena, puisque les loups y termineront avec le bilan quasi-parfait de 16 victoires et 1 nul.

Les hommes du titre sont sans conteste les attaquants, le brésilien Grafite (élu meilleur joueur du championnat) et le bosnien Edin Dzeko, qui finiront l’année aux 2 premières places du classement des buteurs, avec respectivement 28 et 26 buts. L’autre pièce maîtresse de l'équipe est un autre bosnien, le meneur de jeu Zvjezdan Misimovic, auteur du record inégalé de 21 passes décisives dans la saison.

Cet exploit considérable des loups, restera malgré tout sans lendemain, puisque en 2010, orphelins de Magath, parti à Schalke 04, ils termineront seulement 8ème, Misimovic quittant le club dans la foulée. En 2011, Wolsburg fait pire, terminant seulement 15ème et perdant dans la foulée Grafite, Dzeko et Barzagli. La fin d’une belle époque.

Les buteurs Dzeko et Grafite avec le bouclier de champion

 

 

10- Les poulidors gagnent enfin :

 

En terme de domination sportive le Montpellier Agglomération Handball fait très fort sur les quinze dernières saisons: 13 championnats de France (durant lesquels le club ne perd que 29 matches sur 392), 8 coupes de la ligue, 11 coupes de France et une ligue des champions. Autant dire que depuis la saison 1997-1998, les autres clubs français ne sont pas à la fête. L’exemple type du club vivant dans l’ombre de l’ogre montpelliérain est Chambéry, qui a eu le malheur de voir sa période faste coïncider avec celle de Montpellier.

En effet, Chambéry n’accède qu'en 1994 à la 1ère division. Une lente progression va permettre au club de terminer 11ème en 95, 10ème en 96, 5ème en 97 et 2ème en 1998, année où Montpellier entame sa série de quasi-invincibilité. Au total Chambéry va finir 11 fois sur 15 dauphin de Montpellier! Pis, entre la coupe de France et la coupe de la ligue, les 2 clubs s’affrontent 13 fois sur la période, bilan sans appel 12 victoires montpelliéraines (dont 4 en finale), la seule fois où Chambéry écarte sa bête noire, en ¼ de finale de la coupe de la ligue 2011, il trouve le moyen de perdre d’un but en finale, face à Dunkerque. Finalement, malgré une victoire en coupe de la ligue 2000 (à laquelle ne participait pas Montpellier), le club savoyard reste le poulidor du handball français, en pire.

Mais une saison fait exception à la règle, le championnat 2000/01. L’année précédente, en ne perdant que 2 matchs sur 26, Chambéry a tout de même été devancé par Montpellier. Alors les savoyards ne font pas de quartiers et remportent leurs 21 premiers matchs, dans le même temps Montpellier, plus fébrile que d’habitude, ne remporte «  que » 16 matchs, pour un nul et 4 défaites (« record » de défaites en championnat sur les 15 dernières années), dont une, blessante, à domicile 22-24 face à Chambéry.

Si bien qu’à 5 journées de la fin du championnat, il suffit d’une victoire à Chambéry pour être sacré champion, mais étonnamment Chambéry encaisse ses deux premières défaites de la saison, et à 3 journées de la fin semble être touché par la fameuse peur de gagner, d’autant que pour le dernier match c’est Montpellier qui est attendu en Savoie. Chambéry parvient finalement à vaincre Toulouse et à être sacré champion de France de handball 2001, lors de la 24ème journée. Les victoires face au PSG et la défaite contre Montpellier, lors des dernières journées sont anecdotiques: Chambéry a vaincu le signe indien et décroche son unique titre de champion de France, retournant rapidement à son quotidien d’éternel second.

 

9- Hellas pour la Série A :

 

Michel Platini a été, avec Zinédine Zidane, le plus grand footballeur français de l’Histoire. Le Lorrain a sans doute connu son apogée en 1985, alors joueur de la Juventus Turin, il termine, pour la 3ème fois consécutive, meilleur buteur du championnat italien, remporte la coupe des Champions (compétition dont il termine également meilleur buteur) et la coupe intercontinentale, enfin il décroche le ballon d'or 1985, son 3ème d'affilée, pour clore cette année exceptionnelle.

Exceptionnelle certes, mais pas parfaite, la faute à un championnat d’Italie raté par la Juventus qui, sans doute obnubilée par la quête de sa 1ère coupe des champions, ne termine qu’à la 6ème place, pire classement du club depuis 1962. Pourtant l'équipe de Platini était favorite de cette Serie A 84/85, elle qui était tenante du titre. Derrière, les autres prétendants étaient l'AS Roma (championne en 1983 et finaliste de la coupe des champions 1984), l'Inter Milan (9 fois d'affilée dans le top 5 du classement), voire le Napoli qui avait frappé un grand coup en recrutant un certain Diego Armando Maradona.

De son côté, le Hellas Vérone espérait accrocher une place européenne, après les belles saisons 1983 et 1984, où il avait réalisé les deux meilleures performances de son histoire, des 4 et 6èmes places obtenues dans la foulée de l'accession en Serie A.

Le Hellas n’est cependant pas attendu au niveau qui est le sien en début de saison : le club enchaîne 14 matchs sans défaites, avec notamment une victoire 2 à 0 sur la Juventus, avec un but d’anthologie du Danois Elkjaer Larsen qui, en perforant la défense turinoise, perd sa chaussure, mais poursuit son action, marquant en chaussette!

 

Le but du Danois Larsen contre la Juventus de Turin, avec une seule chaussure!

 

 

Cette belle série d’invincibilité s’arrête brusquement lors de la 15ème journée, dernière de la phase aller, lorsque le Hellas s'incline 2 à 1 sur la pelouse d'Avellino, pourtant en lutte pour le maintien. Malgré cela, Vérone va poursuivre son beau parcours durant la phase retour, ne concédant qu’une seconde défaite, à domicile, face à son dauphin final, le Torino. Au terme de ce superbe parcours le Hellas Vérone est sacré champion d'Italie 1985!

Les grands artisans de ce scudetto 85, sont les 2 recrues de l'été précédent Elkjaer Larsen (auteur de 8 buts dans la saison et dauphin de Platini du ballon d’or 85) et l'allemand Briegel (auteur de 9 buts, score impressionnant pour un défenseur, et élu footballeur allemand de l’année 85), mais aussi le gardien Claudio Garella, qui contribue grandement à faire de Vérone la meilleure défense du championnat, avec 19 buts encaissés seulement en 30 matchs.

Mais le Hellas ne parvint jamais à confirmer ce sacre, après 1985 il ne terminera qu'une seule fois dans la 1ère moitié du classement (4ème en 1987). Finalement le club descend en serie B en 1990, depuis il fait le yo-yo entre les deux divisions et ne compte toujours que ce titre de champion 85 au palmarès.

 

 L'équipe du Hellas Verona, version 84-85

 

 

8- Les aigles planent sur Atlanta :

 

Le Brésil, le pays du football, a tout gagné sur la scène internationale: 5 coupes du monde, 8 Copa America, et 3 coupes des confédérations. Tout? En fait pas tout à fait, les Auriverdes n’ont jamais réussi à remporter le tournoi olympique, terminant 3 fois médaillés d’argent et 2 fois médaillés de bronze, on peut presque parler de malédiction.

L’une des plus terribles désillusions olympique du Brésil reste le tournoi d'Atlanta, en 1996. Le Brésil, champion du monde deux ans auparavant, y aligne pourtant l'artillerie lourde, avec des stars, ou futures stars, telles que Ronaldo, Bebeto, Rivaldo, Roberto Carlos ou Aldair, et un mot d'ordre: le titre ou rien!

Mais la lutte s’annonce âpre avec l’Argentine qui elle aussi vise son 1er sacre olympique, avec son armada composée de Zanetti, Crespo, Claudio Lopez, Ayala, Ortega ou Simeone. Le plateau de ces Jeux d’Atlanta est extrêmement relevé puisque les Européens présentent également de grosses équipes : l’Espagne aligne le trio Morientes-Raul-Mendieta, la France n'est pas en reste avec les Pires, Vieira, Makelele et Wiltord, et l'Italie non plus avec Pagliuca, Nesta et Cannavaro.

Dans cette édition, parmi les plus relevées de l’Histoire, le Nigéria se présente en pleine crise, son entraîneur, le hollandais Jo Bonfrère, ayant menacé de lâcher l'équipe, en raison d’impayés dans ses salaires. Finalement le soutien de ses joueurs le poussera à rester à son poste. Les « super eagles » , avaient fiers allure sur le papier (West, Okocha, Ikpeba, Amokachi ou Kanu) et semblaient en mesure de passer le 1er tour, mais guère plus eu égard de la concurrence.

Au 1er tour, la seule surprise de taille est l’élimination de l'Italie, dernière d'un groupe pourtant largement à sa portée et d’où s’extirpent le Mexique et le Ghana. Cette surprise fait le bonheur du Nigéria, 2ème de son groupe derrière l'intouchable Brésil, qui évite ainsi un choc avec la squadra azzura et élimine le Mexique en quarts de finale.

Les demi-finales opposent l'Argentine au Portugal et le Brésil au Nigeria, toute la presse annonce déjà une finale sud-américaine. Dans le 1er match l'Argentine confirme cette prédiction en disposant tranquillement, 2-0, du Portugal. Le lendemain le Brésil semble également bien parti lorsqu'à la 38ème minute Flavio Conceiçao marque son 2ème but de la journée, portant le score à 3-1, d'autant que le Nigeria rate le penalty de l'espoir (55ème). Mais le but d'Ikpeba à la 78ème minute, pousse les Super Eagles à faire le siège du but brésilien et ce qui devait arriver arriva, Kanu égalise à la 90ème minute d’un but splendide, prolongations ! Mais courtes prolongations puisqu’au bout de 4 minutes Kanu marque son second but, le fameux but en or ! Les Super Eagles sortent l'ogre brésilien, 4 à 3 après prolongation, au terme d’un match splendide.

Mais le 3 août 1996, c’est l'Argentine qui s'avance en grande favorite de la finale olympique. Dès la 3ème minute Claudio Lopez ouvre le score, le Nigeria semble crispé par l'enjeu mais parvient à égaliser dans la confusion d'un corner, par Babayaro (28ème minute). En seconde mi-temps Crespo, sur penalty, redonne l'avantage aux siens (50ème). Mais une nouvelle fois, le Nigeria parvient à égaliser par Amokachi (74ème), et c’est finalement Amunike qui inscrit le but de la victoire à la 90ème minute ! Le Nigeria remporte, à la surprise générale, le tournoi olympique de football 1996.

 

Résumé de la finale folle du Tournoi entre le Nigeria et l'Argentine (commentaires mythiques en Version Argentine!)

 

 Les joueurs nigérians célèbrent fièrement ce titre qu'ils sont allés chercher "avec les tripes"

 

7- Les frères ennemis :

 

Les JO d’hiver de Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) accouchent d'un triple couronnement: la Grande-Bretagne devient championne olympique, du monde et d’Europe de hockey sur glace 1936, le tournoi olympique faisant en effet office de championnat du monde et d'Europe!

Si le titre de championne d’Europe semblait dans les cordes britanniques, 2ème en 1935, ce n’était pas le cas des titres olympiques et mondiaux. En effet, ces deux derniers semblaient promis au maître incontesté de la discipline, le Canada, vainqueur de 4 titres olympiques sur 4 et de 8 championnats du monde sur 9. Seuls les États-Unis, réussissant à les battre en 44 matchs officiels, en finale des championnats du monde 1933.

Après un 1er tour maîtrisé par les favoris, le 2nd tour se déroula sous la forme de 2 groupes de 4 équipes, les 2 premiers étant qualifiés pour la poule finale du tournoi. Dans leur groupe les États-Unis se qualifièrent tranquillement avec 3 victoires, la Tchécoslovaquie s’emparant de la seconde place. Dans l’autre poule, la Grande-Bretagne et le Canada s’affrontèrent dès la 1ère journée, le 11 février 1936. Cette date va faire date dans le hockey mondial, car les Britanniques vont réussir l’exploit de battre, 2 buts à 1 (avec un but à 2 minutes de la fin du match) l’invincible équipe canadienne. Les 2 équipes se qualifieront logiquement pour la phase finale.

Le règlement stipulait que les résultats des matchs opposant au 2ème tour des équipes de la poule finale étaient conservés, le Canada tenta bien de faire changer ce point de règlement les désavantageant, rien n’y fit. Si bien qu’à l’orée des 2 dernières journées, la Grande-Bretagne et les États-Unis comptaient 2 points, le Canada et la Tchécoslovaquie 0.

La Grande-Bretagne bat d'abord la Tchécoslovaquie, s’adjugeant ainsi le titre de champion d’Europe. Le lendemain les pauvres tchécoslovaques s’inclinent encore, face aux Canadiens. Mais ce 15 février est surtout marqué par la « finale » entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, au terme d’un match tendu, les Britanniques parviennent à conserver un résultat nul et vierge (0-0). Si bien que le 16 février la donne est simple, les États-Unis doivent l’emporter par au moins 4 buts pour être sacrés champions olympiques et du monde. Mais leurs adversaires, les coriaces canadiens, ne l’entendent pas de cette oreille et l’emportent finalement 1 à 0, obtenant ainsi la médaille d’argent, et offrant sur un plateau le sacre à la Grande-Bretagne.

La victoire des Canadiens face aux Américains sur le score de 1-0 a permis à la Grande Bretagne de devenir championne olympique aux JO de 1936, à Garmisch-Partenkirchen


Deux faits expliquent la victoire surprise de la Grande-Bretagne en 1936. Tout d’abord il faut noter que le Canada, doté, théoriquement,d’une marge suffisante sur ses adversaires, n’a présenté qu’une équipe d’amateurs, les Bears Cats de Port Arthur, se passant d’une sélection nationale de ses meilleurs joueurs. La seconde explication tient au fait que l'équipe britannique était composée, à une exception près, de joueurs nés en Grande-Bretagne mais ayant vécu et appris le hockey sur glace au Canada. Pis, 2 joueurs (Foster et Archer) étaient Canadiens mais reçurent l’autorisation de leur fédération de disputer la compétition dans les rangs britanniques, mal leur en a pris, le gardien James Foster disputant un match d’anthologie face à ses compatriotes lors de la victoire historique et décisive du 11 février.

 

 L'équipe britannique de hockey sur glace en 1936

 

6- Pour les vainqueurs, on déroule le tapis… vert :

 

L’histoire de l’athlétisme sud-africain risque d’être marqué au fer rouge par la figure d’Oscar Pistorius, 1er athlète amputé à participer aux Jeux Olympiques des valides, en 2012, et aujourd’hui sous le feu des projecteurs, pour le meurtre sauvage de sa compagne.

Mais résumer cet athlétisme sud-africain à ce sulfureux personnage serait injuste, en atteste la formidable surprise réalisée en 2001, par le relais 4 × 100 mètres masculin sud-africain, sacré champion du monde.

Pourtant à l’orée de ces 8èmes championnats du monde, disputés à Edmonton, les immenses favoris sont les États-Unis, vainqueurs de 5 des 7 premiers championnats mondiaux de relais 4 × 100 mètres, champions olympiques et recordmans du monde. Loin derrière on retrouve quelques outsiders, comme la Grande-Bretagne (2ème aux championnats du monde 99), le Brésil (2ème aux JO 2000), voir Trinité et Tobago, l'équipe menée par Ato Boldon (récent 3ème du 100m de ces mondiaux 2001).

De son côté, l'Afrique du Sud a pour seul objectif de se qualifier pour la finale de ce relais mondial, pas une mince affaire pour une équipe dont le record national n’est que le 12ème des 30 engagés. Mais le pays de Mandela parvient à passer le 1er tour et les demi-finales (pour 8 petits centièmes) et à accéder à une finale que ne verra pas la Grande-Bretagne, sortie en séries.

Cette finale, qui se déroule le 12 août est censée sacrer les États-Unis, impressionnants lors des tours qualificatifs. Le seul enjeu semblant être la course à la médaille d’argent entre Trinité et Tobago, le Brésil, voir la Pologne ou l’Australie. L’Afrique du Sud paraissant, quant à elle, destinée à lutter avec le Japon et la Côte d’Ivoire, pour éviter la dernière place. Et, comme prévu, les USA survolent la course en 37,96 secondes, la surprise ayant lieu pour la médaille d'argent, glanée par l'Afrique du Sud, grâce à un nouveau record national (qui passe de 38,5 à 38,47 secondes). Trinité et Tobago complétant le podium.

Les sud-africains n’en reviennent pas, mais le « meilleur » reste à venir! En effet Tim Montgomery, l’un des relayeurs américains, est impliqué dans l’affaire de dopage Balco. Le 13 décembre 2005, tous ses résultats depuis 2001 sont annulés. Si bien qu’il entraîne dans sa chute ses coéquipiers du relais: les États-Unis perdent leur titre mondial 2001. Et c’est donc plus de 4 ans après que l’Afrique du Sud est déclarée championne du monde 2001 du relais 4 × 100 mètres, avec le pire chrono de vainqueurs de l'Histoire, un temps qui l'aurait par exemple fait terminer seulement 7ème des championnats du monde 2005. Depuis 2001, l'Afrique du Sud n’a jamais franchi le stade des séries en championnats du monde.

 

5- Les villages dominent la France

 

Le rugby est un sport populaire, où chaque bourg du sud de la France a sa propre équipe. Il y a quelques années, le moindre de ces villages pouvait être sacré champion de France, entraînant ainsi certaines curiosités à la lecture du palmarès, curiosités qu’on retrouve rarement dans d’autres sports.

On peut ainsi citer l'US Quillan, champion de France 1929, ce club d’un village de l’Aude, comptant seulement 3 300 habitants, qui était alors au cœur de sa période faste puisqu’il fut également finaliste du championnat en 1928 et en 1930.

L'exploit était encore plus inattendu pour l'US Carmaux, champion de France 1951, pour sa seule finale, après une victoire 14-12 après prolongation face à Tarbes, pas mal pour cette ville du Tarn de seulement 10 000 âmes.

Enfin, que dire du titre de champion de France 1970, obtenu de haute lutte (victoire sur le score étriqué de 3-0 lors de la finale face à Montferrand) par la Voulte sportif, le club de la Voulte-sur-Rhône, commune ardéchoise dépassant à peine les 5 000 habitants.

 

Les dieux du Stade, version 1970

 

Aujourd’hui, ces 3 champions de France sont retombés dans la hiérarchie nationale, La Voulte jouant en fédérale 2, tandis que Quillan et Carmaux officient en fédérale 3. Quoi qu’il en soit leur nom restera à jamais gravé au palmarès du championnat de France de rugby, au nez et à la barbe des grandes villes !

 

4- Les invités de dernière minute

 

Le 1er mars 1992, la Bosnie-Herzégovine déclare son indépendance vis-à-vis de la Yougoslavie, cette dernière riposte en l’attaquant le 06 avril. C’est ainsi que démarre la guerre de Bosnie, qui ne s’achèvera que le 14 décembre 1995, après avoir fait près de 100 000 victimes. Quel rapport entre ce tragique événement et le sport nous direz-vous ?

Eh bien, c’est simple, cette guerre a indirectement permis au Danemark de réaliser une des plus grosses surprises sportives de l’Histoire, en remportant un Euro de football 1992, pour lequel il n’était même pas qualifié. En effet, pour les raisons évoquées plus haut l’ONU met la Yougoslavie au ban des nations, si bien que l'UEFA l’exclut de l’Euro 92, et c’est le Danemark, pourtant éliminé en qualifications par cette même Yougoslavie qui est repêché au dernier moment.

En l’absence d’une Yougoslavie impressionnante sur le papier (Prosinecki, Savicevic, Suker, Mihajlovic,…), c'est la France qui hérite du rôle de favorite, elle qui a survolé les éliminatoires, remportant 8 victoires en autant de matchs. L’équipe entraînée par Platini s’appuie sur la doublette Cantona/Papin devant (le second ayant remporté le ballon d’or 1991). Mais la France aura fort à faire avec des clients comme l'Allemagne des Sammer, Brehme, Klinsmann ou Hassler, championne du monde en 1990, ou les Pays-Bas de Van Basten, Rijkaard, Gullit ou Bergkamp, vainqueurs de l’Euro précédent.

Le Danemark lui ne part pas favori, loin de là: il a été prévenu de sa « qualification » seulement 9 jours avant son 1er match de la compétition, n’a franchi qu’une fois le 1er tour de l'Euro, et doit faire sans sa star, Michael Laudrup, non sélectionné, car en froid avec le sélectionneur Richard Moller Nielsen.

Lors du 1er tour, la poule A est synonyme de surprise puisque les deux pays nordiques, la Suède et le Danemark éliminent les favoris français et anglais, lors de la dernière journée. Dans l’autre poule, les Pays-Bas passent tranquillement, en compagnie de l’Allemagne, éliminant la CEI et l’Écosse.

En demi-finale, la Suède, pays hôte, résiste bien mais est quand même sortie par l'Allemagne, 3 buts à 2. Tout le monde s’attend alors à une finale entre la Mannschaft et les Pays-Bas.

Mais dans la 2ème demi-finale, les hollandais vont pourtant être cueillis à froid, ils sont menés 2 à 1 à la 33ème minute. Les Pays-Bas vont alors pousser pour revenir au score et Rijkaard arrache l’égalisation à la 86ème minute. On se dit alors que le rêve danois va s'effondrer, que nenni ! Les scandinaves tiennent le choc en prolongation et poussent les Hollandais à participer à la loterie des tirs au but. Durant cette séance Peter Schmeichel sort le grand jeu et la frappe de Marco Van Basten, tandis que les Danois réalisent un sans-faute, se qualifiant pour une finale historique.

Dans cette finale, l'Allemagne, qui participe à sa première compétition depuis la réunification, part grande favorite et espère réaliser le doublé coupe du monde/ Euro. Mais les Allemands vont totalement déjouer, sans doute trop sûrs d’eux comme le confessera leur sélectionneur Berti Vogts, ils perdent 2 à 0, avec des buts de Jensen et Vilfort. 

Après ce sacre, le Danemark ne dépassera plus le stade des quarts de finale de l'Euro.

 

Brian Laudrup, heureux d'avoir participé à cet Euro 92, contrairement à son frère

 

 

Résumé de l'Euro 1992 et de l'exploit danois en Suède

 

3- Ceux qui ne disputent pas la bonne compétition :

 

Les championnats d’Europe de Basket-ball 1949 ont accouché d'un drôle de vainqueurs, puisque le titre échu à l’Égypte ! Mais comment diable un pays africain a-t-il pu devenir champion d’Europe ?

En fait, l’Égypte n'en était pas à son coup d’essai, car dès 1937, elle fut autorisée à participer aux championnats d’Europe, faute d 'adversaire à sa hauteur en Afrique. Cette première participation égyptienne se soldera par une déroute : une dernière place et 5 défaites en autant de matchs. Sa 2ème participation à l'Eurobasket fut plus glorieuse, en 1947, l’Égypte profite des bouleversements occasionnés par la seconde guerre mondiale, pour obtenir une belle 3ème place, avec pour seule défaite, celle encaissée face aux futurs vainqueurs, l’URSS.

A cette époque, l'Eurobasket est organisé par le vainqueur de l'édition précédente, mais l’URSS refuse d’organiser la compétition en 1949. Étant donné que les seconds, les Tchécoslovaques, avaient déjà organisé l’épreuve en 1947, c’est en Égypte, 3ème du tournoi 47, que se déroule finalement l'Euro 49.

Cette localisation pousse plusieurs pays européens à refuser de participer au tournoi, par peur du transport aérien jusqu’en Afrique du Nord, un terrible accident d'avion ayant décimé la grande équipe de football du Torino, le 4 mai 1949, et marqué les esprits. La France fut la seule nation européenne à avoir déjà disputé un Euro à se rendre en Égypte, accompagnée de 3 novices: La Grèce, la Turquie et les Pays-Bas. Pour étoffer le plateau le Liban et la Syrie sont également invités. Drôle de championnat d’Europe que ce tournoi se déroulant en Afrique, avec quatre participants européens, deux participants asiatiques et un participant africain!

L’Égypte remporte finalement facilement cet Euro, disputé sous forme de championnat, avec 6 victoires en 6 matchs, et une marge moyenne de plus de 20 points.

Le pays participera une dernière fois à l'Eurobasket, se classant dernier en 1953. Avant d’intégrer la coupe d’Afrique, créée en 1962, où il a terminé 16 fois sur 20 sur le podium.

 

 

2- « Les montagnards » :

 

La Copa America de football, l’équivalent sud-américain de l’Euro, est une affaire privée. En effet, les 3 poids lourds que sont le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay, totalisent pas moins de 37 victoires sur les 43 éditions de la compétition.

La Copa America 1963 fut donc une des rares à échapper au palmarès de ses 3 mastodontes. Cette édition se déroulait en Bolivie, mais le rôle qui semblait être destiné au pays hôte était celui de sparring-partner. Comment pouvait-il en être autrement pour une sélection qui, jusque-là avait participé à 10 Copa America, pour le bilan désastreux de 5 victoires, 7 nuls et 35 défaites !

En l'absence de l'Uruguay, les favoris de la compétition, qui se déroulait sous la forme d'un championnat regroupant les sept qualifiés, étaient donc l’Argentine (3 victoires sur les 5 dernières Copa America) et le Brésil (double champion du monde en titre).

Le début de tournoi bolivien se solde par un spectaculaire 4 à 4 face à l’Équateur et une victoire aux forceps (2 à 1) face à la Colombie. Les 3 points acquis en 2 matchs (à l'époque une victoire ne valait que 2 points) semblaient alors être les seuls que devait engranger la Bolivie, puisque le calendrier avait voulu que la verde affronte les 2 équipes les plus faibles en ouverture. Pourtant le rêve se poursuit face au Pérou (3 à 2) et au Paraguay (2 à 0). Si bien qu’à deux journées du terme du tournoi la Bolivie, avec 7 points se retrouve, à la surprise générale, à la 1ère place du classement, talonnée par l’Argentine et le Paraguay, 6 points chacun, mais il leur reste les 2 favoris argentins et brésiliens à affronter.

Contre l'Argentine, la Bolivie parvient à conserver un miraculeux 2-2, l’exploit est même à portée de bras lorsque, à la 87ème minute, l'arbitre siffle un penalty en leur faveur. Malheureusement pour les Andins, le gardien argentin repousse le penalty, mais tandis que le portier fête encore son exploit, les Boliviens jouent rapidement le corner qui s'ensuit et marquent dans le but déserté ! 3-2, score final historique pour la verde !

Désormais, à une journée de la fin de la compétition, seul le Paraguay (8 points) est en mesure de contrecarrer l’épopée folle des Boliviens (9 points). Pour s'éviter des sueurs froides les Andins doivent vaincre le grand Brésil, certes venu avec une équipe bis, mais qui conserve théoriquement une marge importante face à un adversaire qu’ils ont vaincus 6 fois sur 6 en matchs officiels.

Mais ce 31 mars 1963, la Bolivie veut rentrer dans l'Histoire, au bout de 25 minutes elle mène 2-0, las à la 29 ème minute, le score est de 2-2. Le pays hôte reprend une marge en menant 4-2 à la 64ème minute, mais là encore le Brésil refait rapidement son retard, 4 à 4 à la 66ème minute ! Pleine de ressources, la Bolivie arrache la victoire, 5-4, à la 86 ème minute, décrochant du même coup le titre de championne d’Amérique du sud 1963.

 

Résumé des matches Bolivie-Argentine et Bolivie-Brésil

 

 

Les spécialistes expliquent cet exploit par l'habitude qu'avaient les Boliviens de jouer en altitude (les 2 stades de la compétition se trouvant respectivement à 2600 et 3600 mètres d’altitude). Argument étayé par le fait que la Bolivie ne passera le 1er tour de la Copa America, qu’une seule autre fois par la suite, en 1997, pour une édition se déroulant de nouveau à domicile, en altitude, et où elle s’inclinera en finale face au Brésil de Ronaldo.

 

L'équipe de Bolivie 63, prête à déplacer les montagnes

 

 

1- L’ode à la défense

 

Le grand vainqueur de ce classement est la Grèce, championne d’Europe de football 2004. Comment pourrait-il en être autrement d’une sélection qui, jusque-là, n’avait disputé qu’un Euro et une coupe du monde dans son histoire, pour le bilan famélique de un nul et cinq défaites. Comment pourrait-il en être autrement d’une équipe qui n’avait aucune star, ses joueurs les plus connus étant Charisteas et Karagounis, tous deux remplaçants dans leurs clubs du Werder Brême et de l'Inter Milan. Surtout comment pourrait-il en être autrement d’une équipe qui a réussi à dominer une concurrence aussi importante que celle présente à cet Euro 2004. Jugez plutôt: les favoris français, tenants du titre, étaient menés par Zidane, Henry et Trezeguet et sortaient d'une campagne de qualification parfaite (8 victoires et 29 buts inscrits en 8 rencontres), le Portugal, pays hôte, voyait sa génération dorée arriver à maturité (Figo, Fernando Couto, Rui Costa ou Pauleta), la République Tchèque était également un véritable épouvantail, elle qui alignait Koller, Nedved, Cech, Baros ou Poborski, les Pays-Bas, débarquaient aussi avec une formidable armada (Van der sar, Seedorf, Robben, Stam, Davids, Van Nistelrooy ou Makaay), citons également l'Allemagne de Ballack et Kahn, finaliste de la coupe du monde 2002, l’Angleterre de Beckham, Gerrard et Lampard, ou l'Italie de Totti, Del Piero, Nesta ou Vieri.

Au regard de ce plateau extrêmement relevé, on voyait mal les quasi-novices grecs déjouer les pronostics, eux qui n'avaient inscrits que 8 buts lors des qualifications, pire total des engagés.

Mais le match inaugural accouche d’une sensation, la Grèce parvient à battre le Portugal, 2 buts à 1. C’est le début d'une folle épopée grecque, son nul 1-1, face à l'Espagne, lui suffit à sortir de sa poule malgré la défaite finale (1-2) contre la Russie.

Les Hellènes doivent affronter la France en quarts de finale, une France qui est facilement sorti de son groupe, notamment grâce avec une victoire d'anthologie sur l'Angleterre (2-1 avec un coup-franc et un penalty décisifs de Zidane dans les arrêts de jeu). Fidèle à son habitude, la Grèce ferme le jeu et place une banderille, avec un but de la tête de Charisteas à la 64ème minute, 1-0 la Grèce accède aux demi-finales. Face à elle se dresse l’épouvantail tchèque, facile vainqueur de ses 4 premiers matchs, avec une démonstration (3-0) en quarts contre le Danemark. Mais la Grèce, entrainée par l’allemand Otto Rehhagel ferme à nouveau la boutique et impose le duel physique sur chaque coup de pied arrêté, ce qui paye puisque le défenseur Dellas inscrit un but de la tête sur corner, à la 115ème minute, but en or et qualification, dans la stupeur, de la Grèce pour la finale.

Là encore les Grecs ne partent pas favoris, leurs adversaires, les Portugais, dans le sillage du jeune Cristiano Ronaldo, espèrent être sacrés devant leur public et ainsi se venger de leur défaite inaugurale, après laquelle ils ont éliminé l'Angleterre et les Pays-Bas. Las, jamais 2 sans 3, la Grèce cadenasse le match et arrache la décision sur un but de Charisteas (58ème minute). Les assauts portugais, sous les vivas du stade, n’y feront rien, la Grèce remporte son 3ème match d'affilée sur le score de 1-0 et devient championne d’Europe, avec le plus petit total de buts inscrits par un vainqueur de l'Euro.

 

 

 

Le parcours de la Grèce lors de l'Euro 2004, en 3min17



05/03/2013
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