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2 – Le rôle de certains industriels pendant la Seconde Guerre Mondiale

Pendant le conflit, afin de servir les intérêts militaires, certains industriels ont été mis à contribution, et ce, des deux côtés. C'est pourquoi certaines marques ont été accusées d'avoir collaboré avec le régime nazi.

 

C'est le cas par exemple de la marque Hugo Boss. Son fondateur, Hugo Ferdinand Boss, adhère au parti nazi dès 1931. Entre 1931 et 1945, il fournit les tristement célèbres « chemises brunes », les uniformes de la Wermarcht, des SS et des Jeunesses hitlériennes. A partir de 1940, les usines de la marque emploient 140 travailleurs forcés (majoritairement Français ou Polonais) et 40 prisonniers de guerre français.

L'adhésion d'Hugo Boss au parti nazi n'a été révélée que très tard, en 1997, par des journalistes américains du Washington Post. Trois ans plus tard, la firme a versé 500 000 livres sterling au Fond d'Indemnisation des travailleurs forcés, en guise d'excuses.

 

La firme automobile BMW est également pointée du doigt pour ses liens avec le régime nazi. En 2011, Joachim Scholtyseck, un historien indépendant publie son enquête sur le passé trouble de Günther Quandt, actionnaire principal de la société dans les années 30 et 40. Il confirme les révélations faites par des journalistes de la télévision allemande en 2007, attestant de l'appartenance de Quandt au NSDAP, le parti nazi, dès 1933. Il apparaît que pendant le conflit, Quandt exploita plus de 50 000 travailleurs forcés, prisonniers de guerre ou des camps de concentration, afin de produire des batteries à destination des sous-marins, des blindés ou encore des avions de la Wermarcht.

Les conditions de travail dans ces usines étaient inhumaines, certains prisonniers travaillant au contact du plomb ou d'acides corrosifs. Dans l'usine de Stöken, dirigé par Herbert, le fils de Günther, l'espérance de vie ne dépassait pas les 6 mois, et près de 80 travailleurs mouraient chaque mois. Günther Quandt profita également de ses liens avec le régime nazi et la Gestapo pour spolier les entrepreneurs juifs et étendre son empire.

 

Gunther Quandt.jpgGünther Quandt

 

A l'inverse, une marque célèbre a été créée pendant le conflit, sans être liée au régime nazi, il s'agit de la marque Fanta.

En 1939, les bouteilles Coca-Cola connaissaient un grand succès en Allemagne nazie, à tel point que la société avait 43 usines dans le pays. Mais la guerre changea la donne, l'embargo des alliés empêche les usines Coca Cola basées en Allemagne d'importer les produits nécessaires à la production de la boisson. Afin de faire tourner les usines et de sauver les emplois de ses ouvriers, Max Keith, responsable de la filiale allemande de Coca-Cola, décide d'élaborer une nouvelle boisson avec les éléments dont il dispose. La boisson est alors produite avec de la pulpe de pomme pressée utilisée dans la production du cidre, des sous-produits issus des productions de fromage, des surplus de fruits italiens, et de la saccharine.

Afin de trouver un nom à cette boisson, Keith organise un concours au sein de l'entreprise, en présentant son produit comme étant fantastique (fantastisch) et la formule pleine de fantaisie (fantasievoll). Un vendeur proposa alors tout simplement le nom de Fanta, qui fut retenu ! C'est ainsi que le Fanta est né en Allemagne au cœur de la seconde guerre mondiale, mais aucun lien n'a été établi par la suite entre le régime nazi et Keith, ce dernier ne cherchant qu'à maintenir l'activité de ses usines. Avec un certain succès car près de 3 millions de bouteilles seront vendues en 1943 (certains utilisateurs en feront même du bouillon de soupe).

 

german-fanta.jpgPublicité allemande de Fanta

 

 

Cependant, il n'y a pas que des industriels allemands qui ont entretenu des liens étroits avec le Troisième Reich. L'industriel américain, Henry Ford, connu pour avoir créé un système de production révolutionnaire, le Fordisme, ainsi que la première voiture accessible au plus grand nombre, la Ford T était un fervent... antisémite !

Preuve en est, il reçut en 1938 la « Grand-Croix de l'Ordre de l'aigle allemand », soit la plus haute distinction qui puisse être décernée à un étranger.

Bien qu'il se défendait d'être pro-nazi, il est difficile de le croire, venant d'une personne ayant écrit The International Jew (le Juif International), livre de quatre volumes dans lequel il fustige les Juifs.

Le sommaire donne une idée du contenu de l'ouvrage :

 

1. Histoire des Juifs aux Etats-Unis

2. Aspects de l’influence juive

3. Victimes ou persécuteurs ?

4. Les Juifs constituent-ils une nation ?

5. Le programme politique des Juifs

6. Introduction aux Protocoles des Sages de Sion

7. Comment les Juifs usent-ils de leur pouvoir ?

8. L’influence juive dans la politique américaine

9. Bolchevisme et sionisme

10. Suprématie juive dans le théâtre et le cinéma

11. Le jazz juif devient notre musique nationale

12. L’alcool, le jeu, le vice et la corruption

13. Le problème le plus lancinant de ce monde

14. Les hauts et les bas de la puissance financière juive

15. La bataille pour le contrôle de la presse

16. L’Etat panjuif

 

 

Dans The International Jew, Ford parle des Juifs comme d'une race « dont la persistance a vaincu tous les efforts faits en vue de son extermination » et tente de prouver qu'il existe une conspiration juive pour s'emparer du pouvoir au niveau mondial. En outre, il estime que l'immigration massive de Juifs aux États-Unis n'est pas due aux pogroms en Europe de l'Est mais à une véritable invasion, nuisant aux bonnes mœurs et à la décence américaine.

Dans ses mémoires, il écrit également que « Si les juifs sont si sages qu’ils le disent, ils feraient mieux de travailler à devenir des juifs américains, plutôt que travailler à construire une Amérique juive ».

Pendant le conflit, il n'en demeure pas moins pragmatique, et fournit les deux camps. Produisant des véhicules pour la Wehrmarcht, via les industriels d'Opel, filiale de General Motors. Hitler admirait Ford, il accrocha même un portrait de l'industriel américain à son mur et déclara qu'il ferait de son mieux pour mettre ses théories en pratique en Allemagne, en modélisant la Volkswagen, la voiture du peuple, sur le modèle T.

 

henry_ford.jpgp0004.jpg                       Henry Ford                                     Couverture du Juif international -le problème majeur du monde

 

 

 

 

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11/11/2014
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